Sécurité du site
Sécuriser son site internet : ce qu’il faut exiger
Par Bruno Vigné, fondateur de VIGNEDEV · Publié le
Un site se sécurise après sa mise en ligne, pas une fois pour toutes : ses briques reçoivent des correctifs qu’il faut appliquer. Exigez des alertes de sécurité à votre nom, des correctifs vérifiés avant leur mise en ligne, un retour en arrière possible, une sauvegarde gardée hors de chez l’hébergeur, un compte rendu daté et vos propres accès.
Cette page fait partie du guide Création de site internet pour artisan.
Votre site est en ligne, il fonctionne, et vous avez autre chose à faire que de vous en occuper. C’est normal : vous n’allez pas le sécuriser vous-même, vous allez le faire sécuriser. La fiche de Cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif public d’assistance aux victimes, le dit dès sa première ligne : ses bonnes pratiques sont « à adopter ou faire appliquer par votre prestataire ».
Cette page ne vous apprend donc pas à configurer un serveur. Elle vous dit ce qu’un site livré demande dans la durée, ce que vous êtes en droit d’exiger de celui qui l’entretient, comment repérer une promesse creuse, et les quelques gestes qui vous reviennent.
Un site terminé continue de vieillir
Un site n’est pas un objet fini comme une enseigne. Il est fait de briques toutes faites : un logiciel, son interface d’administration, une base de données, des modules. Leurs auteurs découvrent des failles et publient des correctifs, et une brique laissée en arrière devient une porte connue de tous.
Cybermalveillance.gouv.fr écrit qu’« une grande majorité d’attaques de sites Internet est rendue possible par l’exploitation de failles de sécurité », et ajoute que ces failles sont régulièrement corrigées, mais que « ces correctifs ne sont pas toujours appliqués en temps utiles ». Le problème est rarement l’absence de correctif. C’est que personne ne l’a posé.
Tous les sites ne vieillissent pas au même rythme. Une page fixe, sans compte ni base de données, n’a presque rien à mettre à jour. Un site qui fait tourner une interface d’administration et une base de données reçoit des correctifs tout au long de l’année : c’est pour lui que les six exigences ci-dessous comptent le plus.
Les six choses à exiger de votre prestataire
Ces exigences reprennent les recommandations de Cybermalveillance.gouv.fr, traduites en questions qu’un propriétaire peut poser sans rien connaître à la technique. Un prestataire sérieux y répond par écrit.
Des alertes de sécurité à votre nom
Le code de votre site doit être rangé sur un compte à votre nom, et ses alertes de sécurité allumées, pour que vous les receviez aussi par e-mail. Si seul votre prestataire les reçoit, vous ne saurez jamais qu’une faille a été signalée, ni si elle a été corrigée.
Des correctifs vérifiés avant leur mise en ligne
Appliquer vite ne veut pas dire appliquer à l’aveugle. L’organisme le rappelle : « Il arrive que la mise à jour d’un équipement ou d’un logiciel entraîne des conséquences inattendues », et il recommande de tester les mises à jour quand c’est possible. Demandez comment chaque correctif est contrôlé avant d’arriver sur votre site.
Un retour en arrière possible
Si une mise à jour casse une page ou le formulaire, il doit être possible de revenir à la version d’avant, vite. Cybermalveillance.gouv.fr conseille de sauvegarder avant toute mise à jour, justement « pour pouvoir revenir en arrière si nécessaire ».
Une sauvegarde vérifiée, gardée ailleurs
Les sauvegardes de l’hébergeur sont utiles, mais elles vivent chez lui. L’organisme conseille de garder une sauvegarde « dans un lieu différent de celui où sont stockées les données originales », et de la tester, car « Parfois, le processus de sauvegarde ne s’effectue pas correctement. » Une sauvegarde jamais vérifiée est un espoir, pas une sauvegarde.
Une surveillance, vos échéances et un compte rendu daté
Quelqu’un doit être prévenu si votre site ne répond plus, et suivre ce qui expire : le certificat de sécurité et le nom de domaine, qui doit être renouvelé à temps sous peine d’être libéré et repris par un autre, prévient l’organisme. Et ce travail doit laisser une trace : un compte rendu daté de ce qui a été fait, et quand.
Vos propres accès, et le droit de partir
Vous devez avoir votre propre accès à l’administration du site, au compte de l’hébergeur et à celui du nom de domaine. Cybermalveillance.gouv.fr recommande des comptes individuels plutôt que des comptes partagés. Et si vous changez de prestataire, le code, les sauvegardes et ces accès doivent partir avec vous.
Les signaux d’alarme
Certaines promesses doivent vous faire lever un sourcil, parce qu’elles cachent l’absence de travail ou une dépendance que vous découvrirez trop tard.
- « Sécurité garantie » ou « site inviolable » : personne ne peut le promettre honnêtement. Un prestataire sérieux s’engage sur ce qu’il fait, appliquer les correctifs publiés et sauvegarder, pas sur ce qu’aucun attaquant ne fera.
- Un accès que seul le prestataire détient : le jour où il ne répond plus, vous ne pouvez plus rien faire sur votre propre site.
- Des mises à jour appliquées sans sauvegarde préalable ni retour possible : la première qui casse quelque chose laisse votre site en panne.
- Aucune trace écrite : si l’on ne peut pas vous dire ce qui a été fait le mois dernier, rien n’a peut-être été fait.
- Une sécurité « comprise » dans un abonnement sans que personne ne dise en quoi elle consiste.
Ce que vous pouvez faire vous-même
Même si quelqu’un entretient votre site, quelques gestes vous reviennent, et ils ne demandent aucune compétence technique.
- Lire les alertes que vous recevez, sans paniquer : une alerte signale une brique à mettre à jour, pas un site piraté.
- Vérifier qu’une alerte est authentique avant d’agir : ouvrez vous-même le service qui garde le code de votre site, au lieu de cliquer sur le lien d’un e-mail. Cybermalveillance.gouv.fr met en garde contre les fausses alertes de mise à jour, qui peuvent servir à faire installer un virus.
- Après une mise à jour, ouvrir votre site sur l’ordinateur et le téléphone, et vous envoyer une demande par le formulaire.
- Choisir des mots de passe longs et tous différents, et activer la double authentification quand elle est proposée : un code provisoire reçu par SMS ou par e-mail s’ajoute alors au mot de passe.
- Ne jamais communiquer un mot de passe. L’organisme est formel : « Aucune société ou organisation sérieuse ne vous demandera jamais de lui communiquer votre mot de passe par messagerie ou par téléphone. »
Se faire guider par un assistant d’intelligence artificielle
Les assistants d’intelligence artificielle gratuits peuvent vous guider écran par écran : où cliquer pour lire une alerte, comment vérifier une proposition de correctif, que regarder ensuite sur votre site. C’est une aide réelle, surtout si personne ne vous accompagne.
À une condition, sans exception : ne jamais leur donner un mot de passe, ni un code reçu par SMS ou par e-mail. Ce code fait partie de votre mot de passe. Un assistant qui vous guide n’en a pas besoin, et une conversation n’est pas un coffre-fort. Si un assistant vous le demande, fermez la conversation et recommencez.
Ce que nous faisons, et ce que nous ne promettons pas
À la livraison, quelle que soit la formule choisie, le code de votre site est rangé sur un compte à votre nom, ses alertes de sécurité sont allumées et vous les recevez par e-mail. Le livret d’entretien remis avec votre site a un chapitre sur la sécurité, une fiche d’une page, et un texte prêt à coller dans un assistant d’intelligence artificielle gratuit, qui vous guide sans jamais vous demander de mot de passe.
Si vous nous confiez l’entretien, nous recevons ces alertes avec vous. Chaque correctif est préparé, contrôlé automatiquement puis vérifié par une personne avant d’être mis en ligne, avec un retour en arrière possible. S’y ajoutent une sauvegarde vérifiée chaque mois, gardée hors de chez l’hébergeur, une alerte si le site ne répond plus, le suivi de vos échéances et un compte rendu chaque trimestre. Une page fixe, elle, n’a presque rien à entretenir : une révision par an suffit. Les formules, leurs prix et ce qu’elles ne comprennent pas sont sur la page des tarifs.
Ce que nous ne promettons pas : aucune formule ne garantit qu’un site ne sera jamais attaqué. Nous appliquons les correctifs publiés, sans pouvoir promettre davantage. Et la remise en état d’un site piraté n’est pas comprise dans l’entretien : notre guide sur le site piraté dit quoi faire, et qui prévenir.
Questions fréquentes
Des réponses courtes et franches. S’il manque la vôtre, écrivez-nous.
Un site internet peut-il être sécurisé à cent pour cent ?
Non, et méfiez-vous de qui l’affirme. On réduit les risques en appliquant les correctifs, en gardant des sauvegardes vérifiées et en limitant les accès ; on ne les supprime pas. Cybermalveillance.gouv.fr recommande d’ailleurs de faire auditer régulièrement la sécurité d’un site par des prestataires spécialisés.
Le cadenas dans la barre d’adresse veut-il dire que mon site est sécurisé ?
Non. Le protocole HTTPS protège les données pendant leur trajet entre le visiteur et le site : Cybermalveillance.gouv.fr écrit qu’il « assure la sécurité des données lors du transfert ». Il ne dit rien des failles du site lui-même. Il est indispensable, mais il ne remplace pas les mises à jour.
Les mises à jour automatiques suffisent-elles ?
Elles aident : l’organisme conseille de les activer lorsque c’est possible. Mais il recommande aussi aux professionnels de tester les mises à jour et de sauvegarder avant, parce qu’une mise à jour peut avoir des conséquences inattendues. L’idéal est un correctif préparé vite, puis vérifié avant d’arriver sur votre site.
Je reçois un e-mail qui annonce une faille sur mon site : que faire ?
Ne cliquez pas sur ses liens. Ouvrez vous-même le service qui garde le code de votre site ou écrivez à votre prestataire, et vérifiez que l’alerte y figure. Ne communiquez aucun mot de passe ni aucun code. Si l’e-mail réclame de l’argent, c’est une arnaque au chantage, décrite dans notre guide sur le site piraté.
Combien coûte l’entretien de la sécurité d’un site ?
Cela dépend surtout de la façon dont le site est construit : une page fixe n’a presque rien à mettre à jour, un site avec interface d’administration et base de données demande un suivi chaque mois. Notre guide sur le prix de la maintenance détaille les postes d’un devis, et nos formules sont sur la page des tarifs.
Puis-je changer de prestataire sans repartir de zéro ?
Oui, si le code, le nom de domaine, l’hébergement et les comptes sont à votre nom : le nouveau prestataire reprend là où l’ancien s’est arrêté. Sinon, commencez par récupérer ces accès, avant même de chercher qui vous suivra.
Parlons de votre activité
Décrivez-nous votre métier en quelques lignes. Premier échange gratuit et sans engagement, par téléphone ou en visio. Nous vous dirons franchement si un site vous servira.
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