Pour les commerçants
Création de site internet pour commerce de proximité
Par Bruno Vigné, fondateur de VIGNEDEV · Publié le
Le site d’un commerce de proximité n’a souvent pas besoin d’une boutique en ligne. Il donne les horaires du jour, montre ce qu’on trouve en rayon et permet de faire préparer une commande à retirer, payée au comptoir. Service-Public cite le site vitrine, sans vente en ligne, parmi les façons de commencer quand on a déjà un commerce physique.
Cette page fait partie du guide Création de site internet pour artisan.
Cette page dit ce que le site d’une épicerie, d’une boutique ou d’un commerce de quartier doit montrer, ce qui change le jour où il encaisse en ligne, et comment nous le construisons. Les règles citées viennent de trois fiches officielles d’Entreprendre Service-Public, citées en bas de page. Les prix sont ceux de la page des tarifs.
Votre client vient vérifier avant de se déplacer
On ne cherche pas une épicerie ou une librairie de quartier comme on cherche un site marchand. Votre client connaît souvent votre devanture. Sur son téléphone, il vient vérifier trois choses : êtes-vous ouvert maintenant, avez-vous ce qu’il lui faut, et peut-il vous demander de le préparer ou de le mettre de côté.
Aucune de ces questions n’exige un panier ni un paiement en ligne. Elles exigent des horaires justes, une idée claire de vos rayons et un moyen simple de commander avant de venir.
Ce à quoi votre client vous compare
Votre client a d’autres façons de faire ses courses ou de vous trouver. Chacune a son intérêt, et votre site ne les remplace pas : il dit ce qu’elles ne disent pas de vous.
| Ce qu’il regarde aussi | Ce qui l’attire là-bas | Ce que votre site doit lui montrer |
|---|---|---|
| Le drive ou le site d’une grande surface | Un grand choix, une commande passée le soir, un retrait organisé | Ce que vous seul proposez, le conseil au comptoir, et la commande à retirer si vous la faites |
| Votre fiche Google | Les horaires, l’itinéraire, les avis | Les horaires exceptionnels annoncés à l’avance, vos rayons, la façon de commander |
| Une place de marché de proximité | Plusieurs commerces du quartier réunis, le retrait en boutique | Une adresse qui n’appartient qu’à vous, et le lien vers votre page là-bas si vous y êtes |
| Vos réseaux sociaux | Les arrivages du jour en photo | Ce qui ne change pas d’une semaine à l’autre (vos rayons, vos services, votre façon de commander), lisible même sans compte |
Une boutique en ligne ? Service-Public propose de commencer sans
La fiche officielle « Ouvrir sa boutique en ligne » a un parcours à part pour qui a déjà un commerce physique. Avant de vendre en ligne, elle propose de tester l’une de deux options. La première est un site vitrine, dont elle dit : « Il n’y a pas de vente en ligne. » Ce site « a pour but de présenter vos produits ou services avec vos tarifs », et permet à vos clients de commander à distance « ou de réserver un produit dans votre boutique ».
Pour un commerce de quartier, c’est souvent la bonne forme, pas seulement une étape : votre client paie au comptoir, et vous n’avez ni catalogue complet à tenir en ligne, ni expéditions à organiser. L’autre voie que décrit la fiche, la plateforme de boutique en ligne clé en main, est selon elle « une solution payante par abonnement », avec des suppléments pour les aspects personnalisés.
Ce qui change dès que le site encaisse
Une boutique en ligne, où votre client commande et paie sur votre site, relève du commerce en ligne, que la fiche officielle qui lui est consacrée dit « soumis à une réglementation stricte ». Voici, entre autres, ce qu’elle demande quand vous vendez à des particuliers :
- Des conditions générales de vente, obligatoires sur le site.
- Une commande en trois temps : un récapitulatif avec le prix total, la possibilité de le modifier, puis la confirmation, par un bouton qui porte la mention « Commande avec obligation de paiement » ou une formule aussi claire.
- Pour la carte bancaire, un contrat de vente à distance avec votre banque, et aucun frais facturé selon le moyen de paiement.
- Le droit de rétractation de quatorze jours, à mentionner avec ses exceptions : la fiche cite notamment les produits rapidement périssables, comme les produits alimentaires.
- Des règles propres à certains produits : le tabac ne se vend pas sur internet, et l’alcool en ligne demande une licence de débit de boissons, une formation et un bandeau rappelant l’interdiction de vente aux mineurs.
Les prix affichés sur votre site
Dès que votre site propose des paniers, des plateaux ou des produits à commander, leurs prix suivent les règles de l’affichage des prix. Selon la fiche officielle, l’information du client sur le prix est obligatoire « quel que soit le mode de vente (en magasin, sur internet, à domicile, etc.) », en euros toutes taxes comprises, et le client doit pouvoir le connaître « sans avoir à le demander ».
La même fiche demande d’annoncer les frais connus à l’avance, comme la livraison, et, pour la majorité des produits alimentaires et d’entretien préemballés, le prix au kilogramme ou au litre. Une promotion affiche la réduction et le prix de référence, pratiqué pendant au moins trente jours avant. Tout manquement en matière d’information sur les prix est puni d’une amende de 3 000 € pour un entrepreneur individuel et de 15 000 € pour une société ; en cas de doute, vous pouvez demander l’avis de l’administration, le « rescrit consommation ».
Un prix en ligne doit rester le bon
Le vrai risque n’est pas l’oubli d’une règle : c’est le prix d’il y a trois mois, encore en ligne, que votre client découvre faux au comptoir. N’affichez que les prix que vous tiendrez à jour, quelques paniers et plateaux plutôt que tout le rayon.
Votre site est livré avec son interface d’administration : vous modifiez vos textes, vos photos et vos contenus vous-même, sans frais et sans nous solliciter. Un prix, un horaire de fête ou une fermeture pour inventaire se changent le jour même.
Ce qui compte sur le site d’un commerce de proximité
- Les horaires du jour en haut de l’accueil, pas seulement ceux de la semaine, et les horaires exceptionnels annoncés à l’avance : jours fériés, congés, inventaire.
- Vos rayons, avec les mots de vos clients, et ce qui change avec les saisons si vous le tenez à jour. Pas tout le stock : de quoi savoir si le déplacement vaut la peine.
- La commande à retirer, si vous la proposez : comment commander, jusqu’à quelle heure, quand elle est prête, comment on paie.
- Les services que vous proposez vraiment : livraison dans le quartier, commandes pour les fêtes, dépôt de colis.
- L’accès : où se garer, l’arrêt le plus proche, l’entrée de plain-pied si c’est le cas.
- Votre téléphone, qu’on appelle d’un geste depuis le trottoir.
- Une photo de votre devanture prise du trottoir d’en face : c’est elle que votre client cherchera des yeux.
La commande à retirer, sans paiement en ligne
C’est souvent le service le plus utile, et il n’a pas besoin d’encaisser : votre client dit ce qu’il lui faut et quand il passe, vous confirmez, vous préparez, il paie en venant. Le plus simple est un formulaire de demande, que vous lisez dans votre interface d’administration.
Notre démonstration « La Petite Halle, épicerie et primeur », une boutique imaginaire, montre les horaires du jour dès l’ouverture et des commandes à retirer suivies de la préparation au retrait. Ce suivi est un outil particulier, chiffré sur devis ; le devis précise ce que comprend l’interface de votre site.
Ce que nous vous déconseillons
- Mettre tout le magasin en ligne. Un catalogue de centaines de produits devient faux plus vite que vous ne le corrigez.
- Ouvrir le paiement en ligne parce que les grandes enseignes le font. Attendez que vos clients le demandent.
- Des prix barrés en permanence. Selon la fiche officielle sur l’affichage des prix, une promotion renouvelée jusqu’à devenir permanente serait une pratique commerciale trompeuse.
- Des photos fournies par les marques ou prises en banque d’images. Votre client vient pour votre étal : montrez-le.
Comment se passe la création de votre site
Un premier échange, gratuit
Au téléphone ou en visio, à l’heure creuse de votre choix. Vous nous dites ce que vos clients vous demandent au comptoir ; nous vous disons franchement ce que le site peut changer, et ce qu’il ne changera pas.
Un devis avant de commencer
Le prix exact, ce qui est compris ou non, le délai. Le suivi des commandes ou la boutique en ligne y sont chiffrés à part. Rien ne commence sans votre accord écrit.
Vos rayons, vos horaires, vos photos
Vos horaires, vos fermetures habituelles, les rayons à mettre en avant, quelques paniers avec leur prix si vous le souhaitez. Pour les photos, un téléphone et un matin calme suffisent : la devanture, les étals, le comptoir.
La construction, sur une adresse privée
Vous parcourez le site entre deux clients, depuis votre téléphone, et vous demandez vos corrections avant la mise en ligne.
La mise en ligne
Le nom de domaine à votre nom, le certificat de sécurité, les pages légales, le plan du site (sitemap) déclaré à Google, et votre interface d’administration pour les horaires, les prix et les photos. Tout vous appartient.
Combien coûte le site d’un commerce de proximité
Un site complet de quatre à six pages est à partir de 1 900 € HT : l’accueil avec les horaires du jour, vos rayons, vos services, la commande, le contact. Une seule page bien faite est à partir de 790 € HT, et suffit pour donner d’abord vos horaires, votre adresse et ce qu’on trouve chez vous. Une refonte, quand le site existe déjà, est à partir de 1 200 € HT.
Ce sont des prix de départ, hors taxes. La boutique en ligne et le suivi des commandes à retirer se chiffrent sur devis. Le nom de domaine et l’hébergement, à votre nom et facturés par leur fournisseur, la rédaction des textes et les photos sont chiffrés à part, seulement si vous en avez besoin. Le site vous appartient, sans abonnement ; le référencement est un travail à part, facultatif, qui n’est pas compris. Le détail est sur la page des tarifs.
Quand nous ne sommes pas le bon choix
Si vous voulez vendre dans toute la France, avec des centaines de références, des stocks reliés à votre caisse et des expéditions chaque jour, une plateforme de boutique en ligne faite pour cela vous servira mieux. Nous vous le dirons au premier échange.
Si vous êtes sous enseigne, lisez d’abord ce que votre contrat prévoit pour internet : l’enseigne a peut-être déjà une page pour votre magasin.
Et si personne n’a le temps de corriger vos horaires quand ils changent, commencez par votre fiche Google : un site aux horaires faux envoie vos clients devant un rideau baissé.
Les questions que l’on nous pose
Des réponses courtes et franches. S’il manque la vôtre, écrivez-nous.
Une place de marché de proximité suffit-elle ?
Elle a un atout, que relève la fiche officielle « Ouvrir sa boutique en ligne » : les places de marché de proximité sont plus adaptées au retrait en boutique d’une commande passée en ligne. Mais votre commerce y figure à côté des autres, selon ses conditions. Votre site ne parle que de vous, vous reste si vous la quittez, et peut renvoyer vers votre page là-bas.
Peut-on faire réserver un produit sans paiement en ligne ?
Oui. Votre client fait sa demande sur le site, vous confirmez, il paie en passant. Service-Public cite la réservation d’un produit dans votre boutique parmi ce que permet un site vitrine, où « il n’y a pas de vente en ligne ».
Faut-il afficher ses prix sur le site d’un commerce ?
Pour les produits que vous proposez de commander, oui : selon la fiche officielle sur l’affichage des prix, l’information du client sur le prix est obligatoire quel que soit le mode de vente, sur internet compris. Pour le reste, ne publiez que les prix que vous tiendrez à jour.
Un client peut-il se rétracter après avoir commandé des produits frais en ligne ?
Selon la fiche officielle sur le commerce en ligne, le droit de rétractation de quatorze jours exclut notamment les produits rapidement périssables, comme les produits alimentaires. Faites vérifier vos conditions générales de vente avant d’ouvrir la vente en ligne.
Puis-je vendre du vin sur le site de mon épicerie ?
Selon Service-Public, la vente d’alcool en ligne demande une licence de débit de boissons, une formation, et un bandeau sur le site rappelant l’interdiction de vente aux mineurs. Pour présenter vos vins sans les vendre en ligne, faites vérifier les règles sur la publicité de l’alcool.

Le modèle de votre métier
Commerce de proximité : un site à parcourir
Les horaires du jour dès l’ouverture, et des commandes à retirer suivies de la préparation au retrait. La démonstration montre le site et son espace de gestion. L’entreprise, les avis et les chiffres sont imaginaires : votre site part de ce modèle, avec vos textes, vos photos et vos couleurs.
Parlons de votre activité
Décrivez-nous votre métier en quelques lignes. Premier échange gratuit et sans engagement, par téléphone ou en visio. Nous vous dirons franchement si un site vous servira.
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