Obligations légales
Bandeau cookies : est-il obligatoire sur un site vitrine ?
Par Bruno Vigné, fondateur de VIGNEDEV · Publié le
Un bandeau cookies n’est pas toujours obligatoire. Il sert à recueillir le consentement que la CNIL exige avant de déposer des traceurs qui ne sont pas strictement nécessaires, comme ceux de la publicité ou des boutons de partage des réseaux sociaux. Un site vitrine qui n’en dépose aucun, ou seulement des traceurs exemptés, n’a pas de consentement à demander.
Cette page fait partie du guide Création de site internet pour artisan.
C’est une question qui revient à chaque création de site : faut-il ce bandeau qui s’affiche à la première visite ? La réponse ne dépend ni de la taille de votre entreprise ni du nombre de pages du site. Elle dépend de ce que le site dépose, ou lit, dans le navigateur de votre visiteur.
Voici ce qu’en dit la CNIL : ce qu’elle appelle un traceur, ceux qui demandent le consentement et ceux qui en sont exemptés, ce que doit permettre le bandeau quand il est nécessaire, et comment fait vigne.dev. Cette page reprend les règles publiées par la CNIL ; elle ne remplace pas un conseil juridique sur votre situation.
Ce que la CNIL appelle un traceur
La règle vient de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés. La CNIL la résume ainsi : le visiteur doit être informé et donner son consentement « préalablement au dépôt ou la lecture de cookies ou autres traceurs, à moins que ces traceurs ne bénéficient d’une des exemptions prévues par l’article 82 de la loi Informatique et Libertés ».
Le mot « cookie » est trop étroit. Pour la CNIL, un traceur peut être un cookie, mais aussi un pixel invisible, une information lue dans la mémoire du navigateur (le « LocalStorage », par exemple) ou tout ensemble de données qui sert à calculer une empreinte unique de l’appareil. Et la règle s’applique que les informations recueillies soient des données personnelles ou non.
Les traceurs exemptés, et ceux qui demandent l’accord
Sont exemptés les traceurs strictement nécessaires au service que le visiteur a demandé, ou à la transmission de la communication. Pour tous les autres, pas d’accord, pas de dépôt. Voici les cas que cite la CNIL, choisis parmi ceux qu’un petit site peut rencontrer.
| Le traceur | Accord du visiteur |
|---|---|
| Celui qui garde en mémoire le choix du visiteur sur les traceurs | Non, exempté |
| Le panier d’un site marchand | Non, exempté |
| La connexion à un espace client, et sa sécurité | Non, exempté |
| Le choix de la langue ou de la présentation, quand il fait partie du service attendu | Non, exempté |
| La mesure d’audience limitée à des statistiques anonymes, pour le seul éditeur du site | Non, sous conditions (voir plus bas) |
| La publicité, personnalisée ou non quand des traceurs mesurent son audience | Oui |
| Les boutons de partage des réseaux sociaux | Oui, en général |
| Une vidéo d’une plateforme extérieure intégrée à la page, si elle dépose des traceurs | Oui, avant de l’activer |
| Un CAPTCHA dont le fournisseur réutilise les données (la CNIL cite reCAPTCHA de Google) | Oui ; non s’il ne sert qu’à sécuriser le site |
La mesure d’audience : exemptée, sous conditions
Savoir combien de personnes visitent vos pages n’impose pas toujours un bandeau. La CNIL « estime que la mesure d’audience peut être, dans une certaine limite, regardée comme strictement nécessaire au fonctionnement du site ». Pour être exemptés, ces traceurs doivent :
- servir uniquement à mesurer l’audience du site, pour le compte exclusif de l’éditeur ;
- produire uniquement des statistiques anonymes ;
- ne pas permettre de suivre la navigation du visiteur d’un site à l’autre ;
- ne pas conduire à recouper les données avec d’autres traitements, ni à transmettre des données non anonymes à des tiers.
L’outil compte, et son fournisseur aussi
La CNIL prévient que « certaines offres de mesure d’audience n’entrent pas dans le périmètre de l’exemption, notamment lorsque leurs fournisseurs indiquent réutiliser les données pour leur propre compte ». C’est à l’éditeur du site de pouvoir démontrer que les conditions sont remplies : demandez au fournisseur de l’outil les documents qui le justifient.
Ce que la CNIL recommande en plus
Informer les visiteurs, par exemple dans la politique de confidentialité ; limiter la durée de vie de ces traceurs, comme à treize mois, sans la prolonger automatiquement à chaque nouvelle visite ; garder les informations recueillies vingt-cinq mois au plus.
Quand il faut un bandeau, ce qu’il doit permettre
- Informer avant le choix : à quoi servent les traceurs, et qui les dépose, avec un accès à la liste des responsables. Accepter des conditions générales d’utilisation ne vaut pas consentement.
- Laisser le visiteur accepter par un geste clair. Poursuivre sa navigation, ou fermer le bandeau, vaut refus.
- Refuser aussi facilement qu’accepter. La CNIL considère qu’un bouton « tout refuser », au même niveau et avec le même aspect que « tout accepter », est un moyen clair et simple. Un refus caché derrière un bouton « paramétrer mes choix » ne suffit pas.
- Ne pas pousser la main : la CNIL recommande que l’interface ne mette pas visuellement un choix plus en valeur que l’autre, le design restant laissé à l’appréciation de l’éditeur.
- Ne rien déposer avant le choix : tant que le visiteur n’a pas accepté, les traceurs soumis à son accord ne sont ni déposés ni lus.
- Permettre de changer d’avis à tout moment, aussi simplement, par exemple par un lien en pied de page.
- Garder le choix en mémoire, pour ne pas le redemander à chaque page.
Le bandeau n’est qu’un moyen
Ce qui est exigé, c’est l’accord préalable, pas la forme du bandeau. En 2019, la CNIL a retiré le sien de son propre site : aucun traceur n’y était déposé tant que le visiteur ne l’avait pas accepté dans le module de gestion des cookies. Elle précisait que ce choix « ne constitue ni une obligation ni une recommandation pour les autres sites web ».
Le piège : un bandeau affiché, des traceurs déjà partis
Un bandeau ne sert à rien si les traceurs se chargent avant le clic. La CNIL est nette : « Tant que la personne n’a pas donné son consentement, les cookies ne peuvent pas être déposés ou lus sur son terminal. » Or un outil de mesure, une vidéo ou un bouton de partage ajouté en copiant un bout de code peut se charger dès l’ouverture de la page, bandeau ou pas.
Avant la mise en ligne, et à chaque service extérieur ajouté ensuite, demandez à votre prestataire la liste de ce que le site dépose, et vérifiez que rien de ce qui demande l’accord ne part avant.
Le site vitrine sans aucun traceur
Un site vitrine peut très bien se passer de tout cela : pas de publicité, pas de bouton de partage, pas de vidéo d’une plateforme, pas d’outil de mesure, ou un outil qui remplit les conditions de l’exemption. Il n’a alors aucun consentement à recueillir, donc pas de bandeau à afficher. C’est aussi un choix de départ : chaque outil ajouté plus tard peut faire revenir la question.
Deux choses restent à prévoir : une recommandation et une obligation. La CNIL recommande d’informer les visiteurs des traceurs exemptés que le site utilise, par exemple dans la politique relative aux cookies. Et un formulaire de contact recueille des données personnelles : cela ne demande pas de bandeau, mais une politique de confidentialité, dont notre guide des mentions obligatoires détaille le contenu.
Le bandeau et cette politique se répondent : le premier donne l’essentiel au moment du choix, la seconde donne le détail. La CNIL admet ces deux niveaux d’information. Ils doivent dire la même chose : un traceur ajouté au site s’ajoute aussi à la politique de confidentialité, le même jour.
Ce que fait vigne.dev
Sur ce site, la mesure d’audience passe par Google Analytics, et nous avons choisi de demander votre accord avant de le charger. Tant que vous n’avez pas cliqué sur « Accepter » dans le bandeau, l’outil n’est pas chargé : il ne dépose ni ne lit rien. Si vous acceptez, ses cookies expirent au plus tard treize mois après votre première visite : leur durée n’est pas prolongée à chaque nouvelle visite.
Le bandeau propose « Refuser » à côté d’« Accepter », avec le même aspect, et le lien « Gérer mes cookies », en bas de chaque page, permet de changer d’avis à tout moment. Votre choix lui-même est gardé dans votre navigateur : c’est l’un des traceurs que la CNIL range parmi les exemptés. Le site n’a ni compte client ni panier.
Questions fréquentes
Des réponses courtes et franches. S’il manque la vôtre, écrivez-nous.
Un outil de mesure d’audience comme Google Analytics impose-t-il un bandeau ?
Pas forcément : la CNIL exempte la mesure d’audience qui remplit ses conditions. Mais elle prévient que certaines offres n’y entrent pas, notamment quand le fournisseur réutilise les données pour son propre compte, et c’est à l’éditeur du site de démontrer que les conditions sont remplies. Sur vigne.dev, nous demandons votre accord avant de charger Google Analytics.
Peut-on écrire « en poursuivant votre navigation, vous acceptez les cookies » ?
Non. Aujourd’hui, la CNIL considère que la poursuite de la navigation doit s’interpréter comme un refus. Le consentement demande un geste clair, comme un clic sur un bouton « tout accepter ».
Le bouton « Tout refuser » est-il obligatoire ?
La CNIL répond : « Oui, ou à défaut une autre solution permettant de refuser aussi aisément qu’accepter ». Un refus qui demande plusieurs clics, quand accepter n’en demande qu’un, tend selon elle à biaiser le choix du visiteur.
Un formulaire de contact oblige-t-il à afficher un bandeau cookies ?
Pas en lui-même : il recueille des données personnelles, ce qui demande une politique de confidentialité, pas un accord pour des traceurs. Mais s’il est protégé par un CAPTCHA dont le fournisseur réutilise les données, la CNIL demande le consentement, et elle préconise alors des solutions qui n’en ont pas besoin.
Combien de temps un cookie de mesure d’audience peut-il rester ?
La CNIL recommande une durée de vie limitée, comme treize mois, sans prolongation automatique à chaque nouvelle visite, et une conservation des informations recueillies de vingt-cinq mois au plus.
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Sources
- CNIL, Cookies et traceurs : comment mettre mon site web en conformité ?
- CNIL, Cookies et traceurs : que dit la loi ?
- CNIL, Cookies : solutions pour les outils de mesure d’audience
- CNIL, Questions-réponses sur les lignes directrices et la recommandation « cookies et autres traceurs »
- CNIL, Le cadre juridique relatif au consentement a évolué, le site web de la CNIL aussi

