Nom de domaine
Changer de nom de domaine sans perdre son référencement
Par Bruno Vigné, fondateur de VIGNEDEV · Publié le
Pour changer de nom de domaine sans perdre votre référencement, faites pointer chaque ancienne adresse vers la page qui lui correspond sur le nouveau nom, par une redirection permanente, puis déclarez le changement dans la Search Console avec l’outil « Changement d’adresse ». Gardez l’ancien nom : Google recommande de continuer à le payer au moins un an.
Cette page fait partie du guide Refonte de site internet.
Vous changez le nom de votre entreprise, ou vous avez enfin obtenu l’adresse que vous vouliez. Pour Google, c’est une migration : toutes les adresses de votre site changent d’un coup, et ce qu’elles avaient gagné doit passer de l’ancien nom au nouveau. Cela se prépare, et une bonne partie du travail ne dépend que de vous.
Les règles communes à toute refonte, comme l’inventaire des pages ou le fait de ne changer qu’une chose à la fois, sont dans notre guide pour refaire son site. Celui-ci traite de ce qui est propre au changement de nom de domaine : l’outil que Google prévoit pour ce cas, l’ancien nom qu’il ne faut pas lâcher, et les clients à prévenir.
Ce que Google appelle un changement d’adresse
Google range le changement de nom de domaine parmi les migrations de site, avec cet exemple : « example.com est remplacé par example.net ». Pour ce cas, il prévoit un outil dans la Search Console, son espace pour les propriétaires de sites : l’outil « Changement d’adresse », qui ne sert qu’à migrer un site d’un domaine ou d’un sous-domaine vers un autre. Il s’utilise une fois le site en place sur le nouveau nom et les redirections posées.
Quand seul le nom change et que les pages gardent le même chemin (le « /contact » de l’ancien nom devient le « /contact » du nouveau), Google indique qu’une redirection côté serveur à caractère générique peut suffire : une seule règle renvoie chaque ancienne adresse vers son équivalent, sans les lister une à une.
D’où l’intérêt de ne rien changer d’autre. L’aide de l’outil l’explique : « conserver la même architecture dans le nouvel emplacement permet de transmettre les signaux plus directement au nouveau site ». Changer à la fois le nom, les textes et l’organisation des pages peut obliger Google à réévaluer les pages, et l’aide annonce alors une perte de trafic probable.
Avant de changer : de bonnes et de moins bonnes raisons
Les bonnes raisons tiennent à vos clients : un nouveau nom d’entreprise, une adresse plus courte ou plus facile à dicter au téléphone, celle que les gens tapent spontanément.
La moins bonne est de vouloir un mot-clé dans l’adresse pour mieux se classer. Google écrit que les mots clés dans le nom de domaine, seuls, n’ont pratiquement aucun effet sur le classement. Changer de nom pour cette seule raison, c’est prendre les risques d’une migration pour presque rien. Notre guide sur le choix du .fr ou du .com revient sur le choix du nom.
Enfin, choisissez un nom définitif. L’aide de l’outil est nette : « N’enchaînez pas les migrations de site. » Après une demande d’un site A vers un site B, vous ne pouvez pas en envoyer tout de suite une autre de B vers C.
Les étapes, dans l’ordre
Réserver le nouveau nom, et vérifier son passé
Réservez-le à votre nom : le titulaire, c’est vous. S’il a déjà servi à quelqu’un d’autre, Google demande de le nettoyer : une fois le nom validé (étape suivante), vérifiez dans la Search Console qu’il ne porte pas une ancienne action manuelle contre le spam, ni une demande de suppression d’adresses laissée en suspens par le précédent propriétaire.
Valider les deux noms dans la Search Console
L’outil l’exige : « Vous devez être le propriétaire de l’ancienne et de la nouvelle propriété dans la Search Console. Vous devez utiliser le même compte Google pour gérer les deux propriétés. » Validez toutes les variantes des deux noms, avec et sans www, même celles que vous n’utilisez pas. Si un ancien prestataire gérait tout, c’est ici que cela se joue : prouver que l’ancien site est à vous suppose d’y avoir encore la main.
Mettre le site en place sur le nouveau nom
Même contenu, mêmes pages, mêmes chemins. Pensez au détail que Google signale : si votre propriété a été validée par un fichier ou une balise placés dans le site, ils doivent figurer dans la nouvelle version pour que la validation reste effective.
Rediriger chaque adresse vers son équivalent
L’aide de l’outil demande une redirection permanente (dite 301) de l’ancienne page d’accueil vers la nouvelle, et la recommande aussi pour les pages de référence de l’ancien site (ses pages canoniques). Les autres règles, valables pour toute migration, sont dans notre guide pour refaire son site.
Déclarer le changement d’adresse
Dans la propriété de l’ancien nom, ouvrez l’outil et suivez ses instructions. Il vérifie que vous possédez les deux sites et teste les redirections sur quelques pages : un problème critique bloque la demande, un problème secondaire donne un simple avertissement. Recommencez pour chaque variante de l’ancien nom, car « L’outil ne migre aucun sous-domaine sous le domaine spécifié (y compris www). »
Mettre à jour ce qui ne dépend que de vous
Vos liens, vos documents, vos contacts : c’est l’objet de la section « Prévenir vos clients et vos partenaires », plus bas.
L’outil Changement d’adresse : quand s’en servir
L’outil ne sert qu’à un changement de nom de domaine ou de sous-domaine. Voici quand l’outil sert, et quand il ne sert pas, d’après l’aide de Google.
| Votre situation | L’outil sert-il ? | Ce que Google prévoit |
|---|---|---|
| Un nouveau nom de domaine pour tout le site | Oui | Les redirections d’abord, puis une demande pour chaque variante de l’ancien nom |
| Passer de http à https | Non | Les consignes de migration : Google identifie ce changement lui-même |
| Passer de www à sans www, sur le même nom | Non | La balise canonique, des redirections, ou les deux |
| Déplacer des pages à l’intérieur du même site | Non | Des redirections, et un plan du site mis à jour |
| Changer d’hébergeur en gardant la même adresse | Non | Le guide des migrations sans changement d’adresse |
| Réunir plusieurs anciens sites sous un seul nom | Oui, un site à la fois | Attendre que le trafic se stabilise avant de passer au suivant |
Ne laissez pas partir l’ancien nom
C’est l’erreur qui coûte le plus, parce qu’elle se rattrape mal : un nom abandonné peut être repris par n’importe qui. L’aide de l’outil demande de garder les redirections au moins 180 jours, « voire plus si des internautes continuent à accéder à l’ancien site à partir de la recherche Google », et le guide de migration de Google conseille de les garder « aussi longtemps que possible, généralement au moins un an ». L’aide recommande aussi de continuer à payer l’ancien domaine pendant au moins un an « afin d’empêcher d’autres internautes d’acheter et d’utiliser votre domaine abandonné à des fins malveillantes ».
Passé 180 jours, Google ne fait plus le lien entre les deux sites : si l’ancien existe toujours et reste explorable, il le considère comme un site à part entière. Ne remettez donc pas de site en ligne sur l’ancien nom.
Pour un artisan, nous conseillons d’aller plus loin : gardez l’ancien nom tant qu’il figure quelque part, sur le véhicule, les cartes de visite, les devis déjà envoyés ou un annuaire. Google va dans ce sens : « Du point de vue des utilisateurs, envisagez de conserver les redirections indéfiniment. » Et si vos adresses e-mail finissent par l’ancien nom, elles cessent de fonctionner le jour où il n’est plus renouvelé.
Prévenir vos clients et vos partenaires
Les redirections rattrapent ceux qui tapent l’ancienne adresse, mais Google rappelle qu’elles ralentissent les visiteurs, et conseille de mettre à jour vos propres liens ainsi que les liens des autres sites qui vous envoient le plus de visites. La Search Console de l’ancien nom liste les sites qui ont un lien vers le vôtre : c’est votre liste d’appels.
- Vos adresses e-mail : créez les nouvelles, gardez les anciennes actives, et prévenez vos contacts par une réponse automatique.
- Votre fiche Google et vos pages sur les réseaux sociaux : l’adresse du site s’y change à la main.
- Les annuaires, votre fédération professionnelle, vos fournisseurs : tous ceux qui ont un lien vers votre site.
- Vos documents : modèles de devis et de factures, signature des e-mails, cartes de visite, véhicule. Ce qui est imprimé se remplace au fil du temps, et c’est pour lui que l’ancien nom reste actif.
- Vos publicités en ligne, s’il y en a : Google cite les campagnes publicitaires parmi les liens à mettre à jour.
- Vos clients réguliers : un mot lors du prochain échange suffit, avec la raison du changement.
Ce qui se passe ensuite dans Google
Une fois la demande acceptée, l’outil indique à Google de se concentrer sur le nouveau site, lui transmet divers signaux de l’ancien et lui demande de privilégier le nouveau, pendant 180 jours. Une notification s’affiche pendant ce temps dans la Search Console des deux sites.
Ne vous étonnez pas de voir encore d’anciennes adresses dans les résultats : Google n’efface pas l’ancien site de son index. Les redirections, et sur chaque nouvelle page une balise qui la désigne comme page de référence (la balise canonique), en réduisent le nombre. Google parle de signaux transmis, pas de positions garanties : personne ne peut vous promettre de retrouver exactement les mêmes.
Comment nous faisons
Nous commençons par la question qui décide de tout : qui est titulaire de l’ancien nom, et du nouveau. Puis nous changeons une chose à la fois, le nom d’abord, la mise en page ensuite, ou l’inverse. Notre refonte, à partir de 1 200 € HT, suppose que l’adresse du site reste la même : un changement de nom de domaine s’ajoute au devis, avec les redirections et la déclaration à Google.
Le nom de domaine et l’hébergement restent à votre nom, facturés par leur fournisseur, et nous nous occupons du paramétrage. Votre site est livré avec son interface d’administration : vous modifiez vos textes, vos photos et vos contenus vous-même, sans frais et sans nous solliciter.
Questions fréquentes
Des réponses courtes et franches. S’il manque la vôtre, écrivez-nous.
Combien de temps faut-il garder l’ancien nom de domaine ?
Au moins un an : Google recommande de continuer à le payer pendant ce temps, pour que personne ne le rachète à des fins malveillantes, et de garder les redirections au moins 180 jours selon l’aide de l’outil, « aussi longtemps que possible, généralement au moins un an » selon son guide de migration. Pour un artisan dont l’ancienne adresse est encore imprimée quelque part, le plus sûr est de le garder bien plus longtemps.
Faut-il utiliser l’outil Changement d’adresse pour passer en https ?
Non. Pour passer de http à https, l’aide de Google renvoie aux consignes de migration et précise qu’il identifie ce changement lui-même. L’outil ne sert qu’à passer d’un nom de domaine, ou d’un sous-domaine, à un autre.
Peut-on annuler un changement d’adresse ?
Oui, dans les 180 jours qui suivent la demande. Retirez les redirections de l’ancien site vers le nouveau, posez-les dans l’autre sens, puis cliquez sur « Annuler la migration » dans l’outil, depuis la propriété de l’ancien site.
Mon ancien site n’a jamais été déclaré dans la Search Console : est-ce un problème ?
Il faut le faire avant la demande, car l’outil exige d’être propriétaire des deux propriétés, avec le même compte Google. Si un ancien prestataire gérait le site et le nom, commencez par récupérer la main sur l’ancien nom : notre guide pour récupérer son nom de domaine donne la démarche.
Les anciennes adresses apparaissent encore dans Google : est-ce normal ?
Oui. Google n’efface pas l’ancien site de son index : ses adresses peuvent continuer à s’afficher, celles qui restent accessibles sans page équivalente sur le nouveau site. Vérifiez que chacune redirige bien vers sa nouvelle page : c’est ce qui en réduit le nombre.
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